COMMUNICATION : Définition de COMMUNICATION

COMMUNICATION, subst. fém.

I.− Action de communiquer quelque chose à quelqu’un; le résultat de cette action (cf. communiquer I). Avoir, demander, donner, ordonner, prendre, recevoir, refuser (la) communication d’une affaire, d’un avis, d’un document, d’un renseignement; salle de communication. Si vous le [le commencement, formant préambuletrouvez bon, mais seulement dans ce cas, imprimez-le comme communication anticipée d’une lettre politique que je vous ai adressée et qui paraîtra en son entier dans votre recueil ou autrement (LamartineCorrespondance,1831, p. 198).Mes bien-aimés, je vous demande de ne pas insister, en ce moment du moins, près de MM. Verboeckhoven et Lacroix pour avoir communication, soit du manuscrit, soit des épreuves des travailleurs de la mer (HugoCorrespondance,1865, p. 507):

1. Il leur donnera communication du mémoire remis par l’académie des sciences, dans lequel cette compagnie indique les observations particulières dont elle désirerait que les physiciens et naturalistes pussent s’occuper dans le voyage; … Voyage de La Pérouse,t. 1, 1797, p. 48.
A.− ADMIN. Action de transmettre un dossier, à titre provisoire, à un ou plusieurs services. Dossier en communication.

− P. ext. S’ils [les commissaires de Saint-Martin-des-Champsavaient eu communication des registres d’entrée et de sortie, dont le directeur en chef leur avait d’abord offert l’examen (MaratLes Pamphlets,Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 180):

2. Chaque commission dresse la liste par ordre de mérite des candidats admissibles, qui est publiée par ordre alphabétique. Les recteurs en reçoivent communication et avisent les intéressés; les épreuves orales ont lieu à Paris. Encyclop. pratique de l’éduc. en France,1960, p. 381.
B.− DROIT

1. Communication des pièces. (Au cours d’un jugement) droit de chaque partie, d’exiger de l’adversaire qu’il produise les pièces dont il compte se servir (cf. communiquer I A 1). Donner, recevoir une pièce en communication; communication d’instance; communication des parties; délai de communication :

3. 239. Au jour indiqué, le juge fera aux deux époux, s’ils se présentent, ou au demandeur, s’il est seul comparant, les représentations qu’il croira propres à opérer un rapprochement : s’il ne peut y parvenir, il en dressera procès-verbal, et ordonnera la communication de la demande et des pièces au commissaire du gouvernement et le référé du tout au tribunal. Code civil,1804, p. 45.
2. Communication au Ministère public; communication au Parquet. Action de communiquer au Parquet les pièces ou dossiers d’une cause intéressant l’ordre public. Communication d’office (Ac. 1835-1932); ordonner la communication au Ministère public (Ac. 1835-1932).
C.− P. méton. Chose communiquée, contenu de la transmission. Adresser, faire une communication à (au cours d’) un congrès, d’une réunion; une communication de la plus haute importance; une communication urgente. (Quasi-)synon. annonce, avis, communiqué*, note :

4. D’abord je poserai la question du rapport que présentent entre eux les phénomènes physiologiques, pathologiques, toxiques ou thérapeutiques, et je me propose de démontrer dans une série de communications qui suivront celle-ci que les phénomènes de la vie sont constamment soumis aux mêmes lois… C. BernardPrincipes de méd. exp.,1878, p. 299.
− P. ext. (en style noble). Faire une communication à quelqu’un. M. Leuwen reçut en riant la communication que son fils était chargé de lui faire (StendhalLucien Leuwen,t. 2, 1836, p. 310).« − Messieurs, − dit-il, − j’ai une communication à vous faire et vos avis à recueillir. Voici de quoi il s’agit » (BenoitL’Atlantide,1919, p. 22).− « Comme tu voudras », trancha Pagès. « Mais ça paraît urgent. Il a une communication à te faire, de la part de Meynestrel… Enfin, moi, je t’ai prévenu. Au revoir. » (R. Martin du GardLes Thibault,L’Été 1914, 1936, p. 380).
D.− Plus rarement [Ce qui est communiqué désigne un contenu, un mouvement, etc.]

1. Lang. littér. Communication des connaissances, des idées, des sentiments (cf. communiquer I A 3).La communication de la pensée est toujours fort difficile pour celui qui a de fortes préoccupations métaphysiques (SorelReflexions sur la violence,1908, p. 9).
2. MÉCAN. Sans idée d’intention. Communication du mouvement (cf. communiquer I B 2)
3. MÉD. Communication d’une maladie (cf. communiquer I B 3).

Rem. On préfère la constr. de ces syntagmes avec des subst. équivalents ou synon., tels que diffusion ou transmission.
II.− Action de communiquer avec quelqu’un ou quelque chose. Entrer, être en communication avec qqn ou qqc.; mettre qqn ou qqc. en communication avec qqn ou qqc.; mettre plusieurs personnes en communication (cf. communiquer II).

A.− [Ce qui communique est une pers.] Lisbeth crut avoir à elle son Livonien en se flattant de couper toutes les communications entre le monde et lui (BalzacLa Cousine Bette,1846, p. 106).Il est probable qu’une des choses dont j’aurai le plus de mal à me défaire, c’est ce besoin de la communication, de l’échange, de l’intimité (Du BosJournal,1928, p. 225).Il [le tissu social formé par les militants de basene détermine pas les décisions, mais il facilite les communications et favorise les sympathies (J.-D. ReynaudLes Syndicats en France,1963, p. 248).

SYNT. Avoir, cesser, couper, défendre, entretenir, intercepter une communication avec qqn, entre deux personnes; communication chaleureuse, froide, sèche; communication directe, médiate; instrument, mode, moyen, outil, véhicule de communication; avoir (des) communication(s) avec l’ennemi; communication d’un avocat avec son client; communication de l’homme avec la machine; communication pédagogique; communication mystique, surnaturelle, télépathique. PARAD. Commerce, correspondance, relation; communion, dialogue, entente, union.
1. LING., PSYCHOL., SC. SOC. Processus par lequel une personne (ou un groupe de personnes) émet un message et le transmet à une autre personne (ou groupe de personnes) qui le reçoit, avec une marge d’erreurs possibles (due, d’une part, au codage de la langue parlée ou écrite, langage gestuel ou autres signes et symboles, par l’émetteur, puis au décodage du message par le récepteur, d’autre part au véhicule ou canal de communication emprunté). Communication linguistique, sociale; communication de masse; fonction technique de la communication; théorie de la (des) communication(s) (cf. théorie de l’information); communication audio-visuelle. Sans communication point de signes, point de parole, point d’idée par conséquent (BonaldEssai analytique sur les lois naturelles de l’ordre soc.,1800, p. 122).Théorie des communications. Cette théorie étudie les problèmes posés par l’émission, la transmission et la réception des informations sélectives (Hist. gén. des sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 104):

5. Véhicule de communication entre les hommes, la langue s’impose à ceux-ci comme un système de normes dont l’utilisation permet la cohérence et l’intelligibilité des contenus de communication. Traité de sociol.,1968, p. 270.
− [Ce qui communique est un animal] L’animal communique avec l’animal ou avec l’homme par signaux visuels, sonores, etc.
2. PHILOS., lang. abstr. et cultivée. Les philosophies de la communication; la communication des consciences. Le calice, aux pages du document sacré, assume un triple caractère. C’est un instrument de communication et de communion (ClaudelUn Poète regarde la Croix,1938, p. 12).La communication est un fait qui ne se surajoute nullement à la réalité-humaine mais la constitue (B. BatailleL’Expérience intérieure,1943, p. 47):

6. La communication ou la compréhension des gestes s’obtient par la réciprocité de mes intentions et des gestes d’autrui, de mes gestes et des intentions lisibles dans la conduite d’autrui. Merleau-PontyPhénoménologie de la perception,1945, p. 215.
B.− [Ce qui communique est une chose] Les expériences que j’ai faites sur l’action mutuelle des conducteurs (…) mettent en communication les extrémités d’une pile voltaïque (A.-M. AmpèreAnnales de chim. et de phys.,1820, p. 196).La communication entre deux biefs consécutifs est alors établie soit au moyen d’une passe ou pertuis (…) soit au moyen d’une écluse (J. BourdeLes Trav. publ.,t. 2, 1929, p. 325).En même temps le cylindre de frein est mis en communication avec l’atmosphère par l’intermédiaire d’un canal ménagé dans le tiroir (M. BailleulNotions de matériel roulant des ch. de fer,1951, p. 134).

− Spéc., MÉD. PATHOL. Malformation ou anomalie cardiaque. Communication interaortico-pulmonaire, inter-auriculaire (isolée), interventriculaire (isolée), inter-sigmoïdo-infundibulaire :

7. Elle [la chirurgie] a pu ensuite devenir correctrice. Par exemple, en ce qui concerne le cœur et les vaisseaux, elle a réussi à pallier une malformation vasculaire, supprimer le rétrécissement d’un orifice cardiaque, obturer une communication inter-ventriculaire ou inter-auriculaire. M. Bariéty, Ch. CouryHist. de la méd.,1963, p. 785.
− [En parlant de choses abstr.] :

8. Cette croyance proprement mythique, et qui a dans le rêve de Nerval la force d’une connaissance intuitive, il l’a étayée sur les événements insolites de la vie, qui par là cessaient d’être insolites, et sur les mythes qui proposent une perpétuelle communication entre le réel et l’irréel. M.-J. DurryGérard de Nerval et le mythe,1956, p. 80.
III.− Subst. (indiquant un moyen) + de communication.Ce qui permet d’établir une relation entre deux lieux, deux ou plusieurs personnes éloignées dans l’espace. Moyen(s), canaux, réseaux de communication; p. ell. une (des) communication(s).

A.− [En parlant des voies ferrées, fluviales, maritimes ou routières] Lignes, moyens, réseaux, voies de (grandes) communications; dessertes en communications et transports publics :

9. … les constructions élevées le long des voies de communication et autour des carrefours sont préjudiciables à l’habitation : bruits, poussières et gaz nocifs. Le CorbusierLa Charte d’Athènes,1957, p. 21.
SYNT. Commodité, facilité, lenteur des communications; améliorer, assurer, ouvrir les (des) communications entre tel et tel endroit; les communications avec la province, entre Paris et la (sa) banlieue; canal de communication. Spéc., mar. Service des communications.
B.− [En parlant d’un lieu d’habitation] Couloir, escalier, galerie, pièce, porte de communication. J’étais debout, appuyé contre une porte de communication qui donnait dans la chambre de la comtesse (Mmede KrüdenerValérie,1803, p. 94).
C.− ÉLECTR., POSTES ET TÉLÉCOMM., RADIO. Réseau de communications; Communication pneumatique, télégraphique, téléphonique; communication directe; radio(-), télé(-)communication. Il faut permettre [dans le télégraphe Marconil’échange de communications entre les deux stations, aussi chaque antenne est-elle à tour de rôle antenne d’émission et antenne réceptrice (A. TurpainLes Applications pratiques des ondes électriques,1902, p. 113).Secteur des télé-communications. Il comprend les grands moyens techniques de diffusion de la culture : presse, radio, cinéma, télévision (B. CacérèsHist. de l’éduc. pop.,1964, p. 180):

10. La même année [1879] voit apparaître le téléphone; il y a 306 abonnés à la date du 1ermai 1880. Cinq ans plus tard, le 16 janvier 1885, la première communication interurbaine est échangée entre le maire de Rouen et celui du Havre. L’Admin. des Postes et Télécomm.,1964, p. 4.
SYNT. Demander, obtenir, couper une communication; la taxation des communications, payer une communication.
D.− ART MILIT. Ligne(s) de communication, communication(s). Ensemble des moyens matériels permettant d’assurer les relations de tous ordres, le transport et les mouvements des troupes en opération. Assurer, couper, établir, intercepter, maintenir les communications; le nœud des communications. Il menait [un réseau ferré dense et bien orientévers un des points vitaux des communications alliées, Amiens (FochMémoires,t. 2, 1929, p. 7).Notre groupe « Lorraine » multipliait, avec les bombardiers de la Royal Air Force, les attaques contre les communications adverses (De GaulleMémoires de guerre,1954, p. 259):

11. Pour le régime des lignes de communication, il était essentiel que le général en chef pût, en toute liberté, modifier le groupement de ses forces au profit de la manœuvre. JoffreMémoires,t. 1, 1931, p. 171.
IV.− Manière de communiquer. Mode de communication.

− RHÉT. Figure par laquelle l’orateur semble prendre l’auditoire à témoin dans des répliques du type « qu’auriez-vous fait à leur place? que pouvais-je faire de plus? »

Rem. Attesté ds les dict. gén. à partir de Ac. 1835, ne figure plus ds Ac. 1932, Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr., encore attesté ds Rob, Quillet 1965.
♦ Communication dans les paroles. Figure consistant à rendre commun à plusieurs personnes, ce qui ne se dit que d’une seule ou d’autres personnes, dans des phrases du type « qu’avons-nous fait? pour qu’avez-vous fait? »

Rem. Attesté ds les dict. gén. à partir de Ac. 1835, ne figure plus ds Ac. 1932, Lar. encyclop., Rob.Lar. Lang. fr., encore attesté ds Quillet 1965.
Prononc. et Orth. : [kɔmynikasjɔ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin xiiie-début xives. (Gloss. rom., 9543 ds T.-L. : communications : maniere(s) d’iestre ensanle, commun); 1370 « relations entre les hommes, relations sociales » (OresmeEth., 245 ds Littré); 1507 « discussion, pourparlers » (Arch. Nord, CM 25036 ds IGLF); 2. av. 1615 avoir communication (de qqc.) (Pasquier, p. 601 ds IGLF); 3. av. 1662 théol. communication avec Dieu (PascalPensées, section VII, p. 405, ibid.); 4. 1677 (Miège : la Citadelle a communication avec la ville par un Pont); 5. 1753 phys. communication du mouvement (Encyclop. t. 3). Empr. au lat. class. communicatio « mise en commun, échange de propos, action de faire part ». Fréq. abs. littér. : 2 646. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 116, b) 2 722; xxes. : 2 141, b) 4 994. Bbg. Dupraz (J.). Théorie de la commun. : signaux, bruits et modulations. Paris, 1973. − Lacroix (J.). La Commun. Monde (Le). 8-9 Septembre 1974. − Scherer (R.). Struct. et fondement de la commun. hum. Paris, 1965.

Source : COMMUNICATION : Définition de COMMUNICATION

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